À propos

D’aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours éprouvé une tendresse pour le linge ancien, les dentelles craquantes, les cols désuets, l’odeur enivrante des couvertures en laine celée dans les armoires…

Mes grands parents tenaient un hôtel dans une petite ville bretonne et je garde en mémoire les rideaux lourds et veloutés, le tissu floral des marches, le rude contact des épais draps de coton.

Mes grands-mères cousaient, tricotaient et je conserve précieusement les vêtements de poupée et les robes en laine qu’elles m’avaient créées.

Je me rappelle également la lumière de la Singer de ma mère qui scintillait dans les fins d’après-midi d’hiver. Et le plaisir indescriptible de mes petites mains qui plongeaient dans la boîte à boutons.

A l’entrée au collège, alors que mes copines avaient bien d’autres préoccupations, j’avais réussi à m’inscrire à un stage de couture. J’étais la seule enfant. La couture c’était « pour les vieux « .

Tout au long de mon adolescence, j’ai cousu à la main : occasionnellement, comme sous l’impulsion d’un bref désir impérieux. Comme je m’habillais, par choix, dans les friperies, les retouches étaient souvent nécessaires !

Et puis ma première fille est née. Ça a été comme un réveil après une longue hibernation. J’ai acheté ma première machine à coudre « à moi ». Et je ne me suis plus jamais arrêtée.

Actuellement, j’habille entièrement mes deux filles. L’amour des tissus et de la mercerie ancienne ne m’ayant jamais quitté, j’essaie d’alterner l’usage des coupons et patrons actuels avec le recyclage et le détournement.

Lorsque je finis une nouvelle pièce de la garde robe des filles, à chaque fois me reviennent en mémoire ces vers de Jean Richepin dans La Chanson des gueux:

 » Ah! Je voudrais les voir, nos habits nouveaux nés,

Faits sur mesure en vingt-quatre heures, façonnés

Sans âme, comme on fait la cuisine à prix fixe,

Eux dont l’étoffe est brève et l’affiche prolixe,

Vivre en plein air au dos d’un vagabond sans toit

Mais toi sublime habit, malgré toutes tes reprises,

Malgré tout tu sais vivre, encore, et tu tiens bon. »

C’est tout cet esprit là que je voudrais partager avec vous : l’amour des créateurs, des tissus d’aujourd’hui, mêlé au respect des ouvrages des anciens et de leur savoir faire.

Bonne lecture à tous

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