La couture est-elle économique?

Vaste question, n’est-ce pas? Avec des réponses très diverses selon la conception que l’on a de cette activité. Je ne prétends pas être parole d’évangile, loin de là. Ce que je souhaite partager avec vous, c’est deux ou trois astuces qui vous permettront de faire passer le budget dans le vert si vous êtes une sewaholic comme moi.

De mon point de vue, la couture est économique. A la maison, je vêts quasi entièrement mes enfants. Il me reste les chaussettes (je suis sur le coup…), mais sinon, je réalise tout: grosses comme petites pièces.

Je consacre environ 20 euros par mois à l’atelier, tout compris. Ce qui signifie que mes deux enfants me coûtent plus ou moins 10 euros par mois en habillement.

Vous me direz: c’est facile, les gros budgets appartiennent déjà au passé… et en effet, ce n’est pas complètement faux. Les postes onéreux sont depuis longtemps remboursés. Mais je reviendrai plus tard dans ce billet sur les moyens de les couvrir rapidement.

Histoire de les évacuer d’office, abordons ces fameux « gros budgets »…

De mon point de vue, on en compte 3:

Évidemment, la machine à coudre entre dans cette ligne.

Précédemment, j’ai évoqué avec vous la nécessité d’y aller doucement dans l’investissement. Je ne conseille pas à un débutant d’engager 500 euros dans une machine qu’il n’est pas certain d’utiliser sur le long terme. Testez vous d’abord avec un appareil à 100 euros. Il se revendra aisément ou constituera une machine d’appoint plus tard pour les enfants ou en cas de panne.

J’ai monté la gamme au fil des années et suis parvenue à une semi- pro.

J’ai souvent changé de marque et suis arrivée aux conclusions suivantes (qui n’engagent que moi):

  • Le nombre de points est un miroir aux alouettes (on en utilise très peu en réalité, et toujours les mêmes)
  • La puissance et la qualité du moteur sont primordiales.
  • On n’achète pas une machine en ligne mais on la teste en magasin, longuement, jusqu’à être sûr de son choix.
  • On doit pouvoir bénéficier de pièces de rechange ou d’un service de réparation de proximité qui connaît l’appareil.

La surjeteuse est également un poste de dépense important.

Je l’ai déjà dit dans ce blog, j’ai acheté assez vite une surjeteuse pour la qualité des finitions. C’est une machine qui peut créer une petite angoisse car elle assez complexe à enfiler les premières fois. J’ai la même depuis un paquet d’années et vous serez sans doute étonnés de savoir qu’elle vient de chez Lidl. Peu chère, avec un moteur increvable, elle pardonne beaucoup de choses. Mon seul regret: les difficultés à obtenir un roulotté de qualité.

Les ciseaux!

Après la machine à coudre, c’est pour moi le seul vrai outil dans lequel vous devez investir un peu. Les miens ont de nombreuses années au compteur. Je les avais acquis sur Rascol et leur acier japonais et leur coupe irréprochable ne m’ont jamais fait faux bond.

A présent, voyons les postes de dépense du quotidien et envisageons quelques trucs pour les rendre moins lourds!

Premier réflexe, à mon avis, c’est la chine. La plus grosse partie de mon stock vient de l’occasion:

  1. Emmaüs

Voici par exemple mon petit trésor de samedi dernier, chez Emmaüs:

Comme vous pouvez le constater, j’ai déniché du coton, du milleraie, du sweat, de l’éponge, du jersey, de la toile enduite et du lin. Le plus grand coupon fait 3 mètres sur 1.45, le plus petit 30cms sur 50. Cet ensemble ne m’a coûté que 9.50E.

C’est là-bas que je trouve la majeure partie de mes tissus. Évidemment, il faut les laver avec soin (mais ne le fait-on pas avec des coupons neufs?). Évidemment, le choix est plus limité qu’en boutique. Évidemment, on repart parfois à vide. Mais les surprises ne sont pas rares et le porte-monnaie encaisse facilement!

Comme tout le monde, j’achète des tissus neufs, mais en très petite quantité, et au moment des soldes ou des offres spéciales.

C’est pourquoi, au fil des posts du blog, vous avez souvent pu voir une base recyclée avec des petites pièces neuves (cols, parmentures, parties hautes de tunique, bracelets de manches, etc.).

Chez Emmaüs, je trouve également mes cônes. Lors des grandes ventes, il y en a souvent quelques dizaines alignées, de coloris très divers. La plupart des couturiers passent à côté parce qu’ils craignent la poussière qui les recouvre et imaginent une qualité médiocre. Mais avec un peu de prudence, c’est réellement une bonne affaire: Je déroule toujours quelques longueurs de fil pour examiner la fibre.

Si elle est cassante ou si elle présente des irrégularités, je passe mon tour. Sinon, je les rapporte à la maison: un bon brossage en extérieur, puis je tire les couches supérieures souvent ternies par le temps ou la poussière.

J’ai ainsi un stock bien fourni de cônes à 0.50E pièce.

Autre richesse de ce lieu: les patrons! Je ne parle pas du dernier modèle à la mode, mais des pochettes vintage (en général des années 40 à 2000). Je vous conseille quand même de les ouvrir afin de ne pas vous retrouver avec des parties manquantes voire un patron qui n’a rien à voir!

Vous pouvez aussi découvrir des collection entières de magazines (quasiment tous mes Coudre c’est facile et mes Fait Main viennent de là…)

2. Le troc et puces:

C’est un lieu qui recèle également quelques trésors: de la famille qui a apporté « au cas ou, on ne sait jamais », la boîte de dentelles de la grand-mère, à la maman débordée qui avait acheté ces livres de couture mais n’a jamais réussi à trouver le temps…

Ici, les deux livres ensemble m’ont coûté 3E.

C’est souvent en troc que je récupère aussi mes nombreuses boîtes de rangement pour la petite mercerie.

3. Les dons ou les échanges:

Récemment, une amie m’a échangé un service couture (lui refaire une housse pour son meuble de salle de bain) contre d’énormes cônes acquis lors du changement de propriétaire d’une usine.

La grosse bobine blanche est du fil mousse…

Ne faites pas la fine bouche lorsqu’on vous offre les vêtements usés ou déchirés de telle ou telle tante: certaines parties de vêtements peuvent être récupérées: boucles, zips, manches, cols, …

Je remplace souvent par exemple le bord côte traditionnel par des manches récupérées:

Second réflexe: Les faillitaires:

J’en fréquente quelques uns autour de chez moi. Chez eux, du neuf, avec des prix parfois tout bonnement hallucinants! Comme chez Emmaüs, on ne sait jamais à l’avance ce qu’on va y trouver, mais en s’y rendant régulièrement, on réalise de (très) bonnes affaires:

Les ouvrages de couture s’y trouvent souvent (il faut fouiller):

Ce bouquin est vendu 19.90E en magasin.

Vous pouvez également dénicher facilement de très grandes serviettes à 1E (au prix de l’éponge…), ou des plaids en polaire gigantesques pour 3E.

Et puis, une ou deux fois par an, vous faites un coup génial: l’an dernier je suis ainsi tombée sur des sachets de 100 fermetures éclair à moins de 4E. Pour le coup, j’ai pris des couleurs assorties et j’ai partagé avec les copines couturières de mon entourage. Je crois que je n’aurai pas à acheter de zip pour les 20 prochaines années!

Les boutiques au poids peuvent être également une bonne adresse: pas pour les tissus ni les livres, mais pour les boutons, par exemple:

Troisième réflexe: remplacer les outils/ mobilier par des équivalents faits maison

Un exemple: le retourne biais.

Vous pouvez en acheter un en boutique…

Ou réaliser le vôtre avec le corps d’un stylo et une baguette.

Vous pouvez acheter un super porte surjeteuse… ou le fabriquer vous même avec du contreplaqué et une scie cloche:

Vous pouvez investir dans des poids de couture ou chiner des poids en troc ou aller chercher des galets sur la plage…

Vous pouvez acheter du papier patron… ou récupérer des feuilles de papier de soie chez les commerçants et auprès de vos collègues qui reçoivent des colis…

Enfin: réutiliser les petites chutes au maximum pour les objets de déco ou du quotidien, à l’instar des quilteuses, est une habitude économique et qui vous pousse à la création!

J’espère que cet article vous aura donné quelques pistes pour soulager votre budget couture! Et vous? Quels sont vos trucs pour économiser?

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